Bienvenue dans la fourmilière

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La fourmilière
6 min ⋅ 21/11/2023

Premier mardi : Histoire récente de l’écologie politique

Le premier Mardi des Fourmis a réuni deux invités de choix : William Aucant, membre de la Convention Citoyenne pour le Climat et Ludovic Maugère, membre de On est Prêt. Ils nous racontent comment, chacun à sa manière, ils sont devenus partie prenante de l’écologie politique.

William Aucant : Une Voix de la Convention Citoyenne pour le Climat (CCC)

William Aucant, participant actif de la CCC, nous a partagé son expérience au sein de cette initiative unique en France. La CCC représentait une “France miniature”, rassemblant tous les profils, de l'écolo convaincu au plus climatosceptique. Elle s’est structurée en 10 sessions de travail intensives, précédées par une formation approfondie sur l'environnement.

La CCC a abouti à 149 propositions d’actions concrètes, présentées à Emmanuel Macron, qui s'était engagé à les faire appliquer telles quelles, sans y apporter de modifications. Malgré cette promesse, le gouvernement a finalement retenu pour projet de loi une version modifiée des propositions, suscitant l’indignation des rédacteurs qui en reconnaissaient “le squelette mais vidé de sa substance”.

William reste convaincu que le format des conventions citoyennes a de l’avenir car il a permis de prouver qu’avec une mise à disposition des informations, l’intelligence collective tire vers le bien commun. Il sort de cette aventure motivé à s'engager politiquement au niveau régional, avec EELV, et déterminé à essayer d’appliquer les mesures de la CCC à cette échelle, l’adoption nationale n’ayant pu être promue.

Convaincu de la nécessité de l'action collective, William souligne l'urgence de réintroduire la dimension démocratique dans le débat. Son optimisme persiste, basé sur un triptyque d'actions combinées : la mobilisation citoyenne (par le biais de la désobéissance civile), l'action politique et la coopération avec les entreprises.

Il critique par ailleurs vivement le manque d'action politique et la lenteur des décisions gouvernementales. Il souligne que l'inaction représente un coût financier considérable, allant jusqu'à être 10 à 100 fois plus élevé que celui de l'action. Selon lui, le temps de la sensibilisation écologique par les gestes du quotidien est dépassé. Il est nécessaire d'adopter des mesures plus drastiques et ambitieuses pour répondre aux enjeux climatiques actuels.

Ludovic Maugère : Activiste des justices ou militant politique ?

Ludovic est activiste au sein de l'association On Est Prêt. Cette dernière a pour mission de rassembler ONG spécialisées, scientifiques, influenceurs et grand public autour de la création de projets concrets pour relever les défis environnementaux actuels.

Ludovic souligne que son engagement a commencé par une remise en question de ses habitudes de consommation. Pour lui, être activiste ne nécessite pas d'être “plus écolo qu'un autre”, mais simplement de se mettre en mouvement en se mobilisant pour le changement.

Lors des 5 dernières années, il a constaté une prise de conscience croissante en France autour des questions environnementales. Cependant, il met en avant le besoin d'aller au-delà d'une vision écologiste centrée uniquement sur les émissions de GES. Lors de son volontariat humanitaire, il s’est rendu compte que l'écologie devait être considérée de manière systémique”, intégrant la nécessité de vivre ensemble dans un monde en paix, tout en préservant la survie de toutes les espèces. Ses diverses rencontres l'ont poussé à réfléchir sur l'influence et l'importance des inégalités telles que le racisme ou le sexisme qui, pour lui, amplifient les défis associés au changement climatique.

Selon lui, une véritable approche écologique doit également tenir compte des réalités sociales car l’écologie c’est le rapport à soi et aux autres, et le rapport à quelque chose de plus grand que nous”.

Malgré l'évolution positive de l'attention portée aux questions environnementales, Ludovic a exprimé ses préoccupations quant à la répression de la liberté d'expression et de la désobéissance civile par le gouvernement actuel.

D’abord ils vous ignorent, puis ils vous raillent, puis ils vous combattent et enfin, vous gagnez “, Ghandi.

Après avoir été ignorés puis moqués, les militants écologistes sont désormais confrontés à une opposition. Celle-ci prouve que notre impact est réel, et que la prochaine étape sera la victoire de ceux qui soutiennent le vivant.

Ludovic nous précise que le sujet de l’écologie est, aujourd’hui, une bataille d’opinions et de visibilité. C’est dans cette logique que les voix des Fourmis comptent dans la nouvelle campagne #SickOfPlastic de On Est Prêt. Dans un contexte où les lobbys du plastique s’activent pour influencer les voix du Parlement Européen (cf le Fourmiscore de Flora pour en savoir +), le contre-pouvoir citoyen est clé pour faire pencher la balance de l’opinion du bon côté.

Ludovic nous rappelle alors les 3 axes majeurs pour lutter contre le plastique :

  • Comprendre les enjeux pour ensuite utiliser sa voix citoyenne en sensibilisant et alertant autour de soi.

  • Passer à l’action en réduisant l’utilisation du plastique au quotidien à travers les fameux 4R (Refuse, Reuse, Reduce, Recycle). N’oublions pas qu’on agit ici pour la planète mais aussi pour sa santé.

  • Faire masse ensemble, comme un contre-lobby citoyen face aux lobbys qui agissent actuellement au Parlement Européen.

Pour soutenir cette campagne, l’équipe de On Est Prêt a développé une vidéo avec la réalisatrice et danseuse Julie Gautier.

Le plastique représentera 15% des gaz à effet de serre en 2050 si l’on suit la tendance actuelle. Il a un impact direct sur la biodiversité terrestre et marine et un impact sur notre santé à travers les perturbateurs endocriniens.

Alors, prêts à exercer votre contre-pouvoir ?

Merci @tsawere pour les photos!


Bienvenue dans le Fourmiscore ! Chaque mois, Flora Ghebali, présidente des fourmis, décryptera une actualité écologique avec une note de A à E pour vous aider à prendre position dans le débat et suivre les avancées et les reculs écologiques, enjoy !

#SickOfPlastic - Les lobbys ont leur raison que la raison ignore

Hello les fourmis, ce mois-ci, cap sur Bruxelles. Le parlement européen devrait voter une loi historique pour limiter les déchets plastique, ou pas ! Alors qu’un texte capital dans la lutte contre la pollution liée aux déchets fixe (enfin !) des objectifs ambitieux en matière de réduction, réemploi et recyclage des emballages, les lobbys font feu de tout bois pour restreindre le texte. 

L’entreprise Mcdonald's a commandé une étude biaisée - et réfutée par 50 chercheurs - attestant que son modèle actuel du «tout jetable» est le plus durable. L’EPPA, le lobby des emballages papier européen, présente une étude sur la supériorité écologique des emballages à usage unique, tout en gardant les données sources "confidentielles". Depuis des mois, les lobbys de l’industrie du secteur de l’emballage à usage unique abondent les parlementaires de fausses informations et lancent des campagnes publicitaires trompeuses, jusque dans les couloirs du métro bruxellois. 

Ces manipulations de l’opinion sont habituelles dès que le parlement européen souhaite voter une loi allant dans le sens de la transition écologique. L’influence des lobbys n’est pas nouvelle, leurs campagnes de désinformation non plus, c’est la démocratie de l’opinion. Mais comment gagner la bataille de l’opinion quand une fake news a 75% de plus de chance qu’une vraie information d’être partagée car la sensationnalité prime sur la véracité ? 

Un pas en avant trois pas en arrière 

Faut-il rappeler l’utilité vitale de limiter la production de déchets ? Plus de 188 kg de déchets par an et par habitant sont produits chaque année en Europe

Le plastique est à l’intersection des crises écologiques : changement climatique, effondrement de la biodiversité et pollution. Sur la santé humaine, il a été prouvé que le plastique affecte la fertilité, l’activité hormonale, métabolique et neurologique. Limiter la production de déchets et favoriser le réemploi paraissent incontournables. Mais voilà, la fabrication d’emballages génère 355 milliards de chiffre d'affaires par an, toute une industrie à démanteler. Les lobbys ont leur raison que la raison ignore. 

L’affaire du règlement sur les emballages est symptomatique de l’impossible conciliation des intérêts de tous avec ceux de quelques-uns et est une illustration supplémentaire de la guerre aux vivants menée par les industriels.  

La proposition de loi obtient un B au fourmiscore

Compte tenu de la qualité du texte de loi mais aussi du fait que la portée du texte a déjà été réduite entre sa présentation et le vote en commission, nous lui attribuons un B !

La différence entre les activistes et les lobbys ne tient qu’à l’argent. Le lobbying est un travail de longue haleine, serein, progressif qui permet, par des investissements conséquents, de convaincre lentement l’opinion, les décideurs, etc. 

Mais les lobbyistes ne sont pas plus puissants, au contraire. Ce qu’ils ont à défendre est plus difficile car à rebours du bon sens et de la responsabilité. En attendant la prise de conscience de la systémie de l’enjeu par nos gouvernants, les défenseurs des vivants doivent se mobiliser et faire du bruit dès qu’une avancée est limitée, qu’on annule un progrès. Les manipulations de l’opinion sont habituelles mais nous ne devons jamais nous résigner et mettre en lumière chaque tentative de déstabilisation de l’opinion. 

 La bataille contre les lobbys n’est pas nouvelle, pourtant, nous n’avons toujours pas de solution européenne pour lutter contre les manipulations d’opinion. Pour le moment, face aux lobbys, nous ne pouvons qu’espérer que l’intégrité des eurodéputés les guide à privilégier l'intérêt écologique commun plutôt que les intérêts économiques de quelques-uns, fragile pari. 

Dans quelques mois a lieu l’élection européenne, l’occasion de mettre l’impasse de notre modèle économique sur la table et l’urgence d’en changer, afin de pouvoir concevoir une lutte efficace contre les lobbys. 


Ailleurs dans l’actu…

Y’a plus de saisons !

Swann Périssé/EvenbriteSwann Périssé/Evenbrite

Swann Périssé met l’humour au service de l’écologie dans son podcast Y’a plus de saisons à retrouver sur toutes les plateformes d’écoute et sur Youtube ! Swann y interviewe des figures de proue de l’écologie politique et nous prouve qu’il est possible d’associer légèreté et discours écologique.


Pétition contre la construction de l’A69

CHARLY TRIBALLEAU / AFPCHARLY TRIBALLEAU / AFP

La construction du tronçon d’autoroute entre Castres et Toulouse causerait des dommages irréversibles pour la biodiversité. Suite à la mobilisation importante contre ce projet, le collectif La Voie Est Libre poursuit l’action avec la création d’une pétition visant l’abandon du projet par l’Assemblée Nationale.


Comprendre les Bombes Carbone

 Leaflet | © OpenStreetMap contributors © CARTO Leaflet | © OpenStreetMap contributors © CARTO

Une Bombe Carbone désigne un projet d’extraction d’énergie fossile qui sera amené à émettre plus d’une Gigatonne de CO2 sur sa période d’activité, compromettant note capacité à continuer à vivre sur notre belle planète.

Le site CarbonBombs liste les 425 projets entrant dans cette définition afin de permettre au public d’identifier les entreprises qui en sont à l’origine.


L’action climatique doit-elle être violente ?

Le CrayonLe Crayon

La radicalité écologique est-elle le meilleur moyen de lutter contre l'urgence climatique ?”

Face aux débats récents et à la nouvelle utilisation massive du terme “éco-terroriste”, le Le Crayon a interrogé Hugo Clément, journaliste et militant écologiste, sur les moyens d’actions disponibles pour faire passer le message d’urgence climatique.

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La fourmilière

Par Mouvement Les Fourmis Par Flora Ghebali

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