Le 29 février, Flora Ghebali accueille Marie Toussaint, tête de liste EELV aux élections européennes pour un débat sur l’écologie universelle
Hello les Fourmis,
C’est Flora qui vous écrit ⤵️
Nous commençons notre cycle sur les européennes par le commencement : la candidate des verts Marie Toussaint
Nous lui poserons une question simple et évidente : Qu’est-ce qui cloche avec l’écologie politique ?
Comment expliquer que l’écologie politique fasse 4,6% à la présidentielle et que Marie Toussaint - disons-le- n’a pas franchement percé le mur du son ?
J’ai construit le mouvement Les Fourmis pour bâtir une écologie universelle et inclusive car comme disait Gramsci la conquête du pouvoir présuppose la conquête de l’opinion publique. Avec l’écologie, il se passe un drôle de truc : l’opinion est massivement convaincue par l’urgence écologique mais ça ne se retranscrit pas dans les urnes.
Comment rendre l’écologie universelle ?
L’écologie est au cœur de tout. Elle concerne tous les pans du vivre ensemble.
L’écologie est un sujet de santé. La pollution de l’air est responsable de 48 000 décès chaque année en France, ce qui en fait la troisième cause de mortalité après le tabac et l’alcool. Comment expliquer que l’on taxe un paquet de cigarette et pas le kérosène ?
Les pesticides font des ravages, entraînent des maladies chroniques, cancers, alzheimer, mais le glyphosate vient d’être rétabli pour 10 ans en Europe. En moins de quarante ans, la fertilité masculine a chuté de 50% à cause des composants chimiques dans les plastiques, des ondes et de la pollution. Mais nous ne prenons pas en compte l’opportunité pour la sécurité sociale de la baisse de la pollution.
L’écologie est un sujet social. En pleine crise du logement et du pouvoir d’achat, qui peut investir des dizaines de milliers d’euros dans une rénovation énergétique ou une voiture électrique ? Pour le moment, les politiques visant à améliorer les comportements individuels ne sont pas réalistes. La crise écologique risque d’accroître encore davantage les inégalités, déjà insoutenables, permettant aux plus riches d’avoir accès à une alimentation saine, de fuir les canicules et les zones d’hyper-pollution laissant pour compte les plus précaires subir les conséquences du dérèglement climatique. Au-delà de nos frontières et de nos intérêts directs, est-ce acceptable d’exploiter des travailleurs maintenus sous le seuil de pauvreté ? Souhaitons-nous appartenir à une humanité où les cadeaux de noël que nous achetons pour nos enfants ont été fabriqués par d’autres enfants ? Nous ne prenons pas en compte les bénéfices sur l’emploi de la réindustrialisation ou de la transition énergétique. D’ici 2030, 2,5 millions devraient être détruits dans les énergies fossiles mais 8 millions d’emplois seront créés dans les énergies renouvelables.
L’écologie est un sujet géopolitique, c’est un enjeu de puissance. L’idée reçue que les plus gros pollueurs ne font rien est fausse. La Chine a investi plus de 500 milliards pour faire transitionner son économie et l’IRA aux États Unis engendre 370 milliards de dollars d’investissements dans les énergies vertes. Alors que les grandes puissances bâtissent leurs civilisations écologiques, nous risquons un déclassement supplémentaire qui, comme la mondialisation, aura pour conséquence d’appauvrir les classes moyennes européennes. L’exemple des prix de l’énergie qui ont grimpé en flèche à l’invasion de l’Ukraine est un avant-goût des risques liés à la raréfaction des ressources. Et si le projet écologique devenait notre meilleur atout diplomatique pour retrouver notre rang ?
L’écologie est bien sûr un sujet économique, nous allons devoir convertir l’économie pour arrêter la dégénération de la nature. Cette contrainte est une opportunité de construire un modèle économique plus sain, dépassant les grilles de lecture obsolètes imposant une vision binaire dans le débat public autour de la croissance ou de la décroissance. Selon l’OCDE, les coûts liés aux inondations pourraient seulement atteindre 25 milliards d’euros par an d’ici 2050 en Europe. Pourtant, pour le moment une catastrophe naturelle est positive pour le PIB.
L’écologie pourrait être le sujet le plus consensuel de tous. Il n’y a aucun doute scientifique sur le constat : nous connaissons son ampleur et savons que ce sont les activités humaines qui en sont à l’origine. Les rapports convergent également sur les solutions à mettre en œuvre et s’accordent pour dire que le coût de l’action est inférieur à celui de l’inaction. L’écologie est même une opportunité pour corriger les imperfections de notre système : réduire les inégalités, augmenter le bien-être, créer des conditions d’existence plus saines.
Pour toutes ces raisons, nous devons agir au plus vite.
Le problème, « l’écologie politique réussit l’exploit de paniquer les esprits et de les faire bailler d’ennui » comme l’écrivait Bruno Latour.
Bruno Latour, sociologue et philosophe qui a beaucoup écrit sur l'écologie politique
Et si, pour résoudre la crise écologique, il fallait avant tout résoudre la crise du récit ?
A en croire Yuval Noah Harari, Sapiens se distingue des autres animaux car son existence est organisée autour de fictions partagées.
Nous créons des récits qui nous permettent de coopérer.
Pour devenir majoritaire l’écologie politique doit proposer un projet de société désirable. Pour agir, nous avons profondément besoin d’imaginaires symboliques fédérateurs. Il y a urgence à désigner les contours d’une écologie universelle et inclusive.
Universelle, car l’écologie est un sujet transversal, qui s’applique à toute chose, et ne peut plus être appréhendée en silo comme c’est le cas aujourd’hui.
Inclusive, car nous refusons une écologie qui laisserait une majorité de la population de côté, l’opposition entre fin du monde et fin du mois est la garantie pour l’écologie de rester minoritaire dans les urnes.
Positive, car l’écologie est avant tout un projet de société qui permet une société plus saine et plus juste. Un projet qui a la capacité de fédérer les français et les européens en apportant un nouveau souffle à la vie politique.
Le pays grouille d’initiatives écologiques à fort impact positif, de Française et de Français qui innovent, inventent des solutions et bâtissent à bas bruit les bases de la civilisation écologique. Les forces vives sont prêtes : nous avons des scientifiques, des penseurs, des entrepreneurs et une jeune génération qui bouillonne d’idées et d’envie d’action. L’écologie est une opportunité, elle ouvre un chemin vers un monde moins inégalitaire qui apporte un mieux être global lié à notre connexion au vivant. L’écologie est une réponse à la quête de sens de nos sociétés.
RDV le 29 février à La Caserne pour rencontrer Marie Toussaint, et réfléchir à comment faire percer l’écologie !
Il reste quelques places ici : INSCRIPTIONS
Hâte de vous rencontrer,
Flora Ghebali