Comment ré-enchanter la politique ?

L’association Les Fourmis est officiellement créée ! Rejoignez-nous pour mieux comprendre les rouages de l’écologie politique et vous mobiliser pour rendre l’écologie universelle et inclusive.

La fourmilière
4 min ⋅ 10/02/2024

Le pouvoir aux jeunes

Dans le cadre du dernier Mardi des Fourmis nous avons eu la chance d’accueillir Mahaut Chaudouët-Delmas, auteure du livre “Le pouvoir jeune”, et deux des contributeurs de son livre : Lauren Lolo, cofondatrice de l’association “Cité des chances” et Samuel Grzybowski, fondateur de Coexister et de la Primaire Populaire.

Mahaut, Lauren et Samuel ont une conviction commune : la politique actuelle n’est pas représentative de la jeunesse. Les jeunes sont présentés comme désengagés dans le débat alors qu’ils sont les exemples qu’il est possible de réinventer et de réenchanter la politique au quotidien. C’est de ce constat qu’est né le livre de Mahaut, avec pour but de donner la parole aux jeunes qui agissent.

Pourquoi le pouvoir jeune ?

Être jeune ne signifie pas forcément incarner une rupture et un renouveau politique. Dans les faits, les jeunes sont souvent une courroie de transmission du pouvoir. Gabriel Attal en est le parfait exemple : porte parole d’un gouvernement n’ayant pas agit pour la jeunesse, il est devenu en janvier le plus jeune Premier ministre nommé en France.

Il est l’incarnation du “lignard”, du jeune qui monte en adoptant de manière stricte la ligne donnée par le leader de son parti, sans promouvoir ses idées personnelles et sans tenter de challenger la gouvernance établie.

Un jeune au pouvoir n’est donc pas toujours synonyme d’un pouvoir jeune.

Incarner le pouvoir jeune signifie-t-il systématiquement se placer en rupture ou peut-on influencer la politique de l’intérieur ?

Pour Mahaut et Samuel, le système actuel est peu propice à une action de l’intérieur car s’engager dans un parti demande du temps et des moyens, ce dont les jeunes manquent souvent, cumulant études, petits boulots,... Les meetings politiques rassemblent finalement souvent journalistes, élus, associés mais ni militants, ni jeunes, trop pris ailleurs. A cette réalité s’ajoute la complexité technique du fonctionnement des partis. Ces derniers sont grandement basés sur une logique d’influence à l’ancienneté et il est nécessaire d’en connaitre la structure profonde pour pouvoir y évoluer. Cela rend difficile pour des externes de s’engager facilement et rapidement.

Lauren confirme cette impression au travers de son expérience en tant que conseillère municipale. Elue à 26 ans, elle regrette une approche centrée sur des calculs électoraux et non sur des actions concrètes. Elle nous partage un grand sentiment de solitude au sein des institutions et ne souhaite pas rejoindre un parti pour éviter de s’enliser dans des débats internes.

Samuel revient sur son expérience avec la Primaire Populaire qui, pour lui, a mis en évidence une fracture entre les attentes de la jeunesse et celles des partis politiques. Pour les partis, toute négociation doit mener à une rétribution concrète physique (attribution de poste,…), alors que les initiateurs de la Primaire avaient des attentes philosophiques : garantir la victoire de la gauche sans considération d’un parti particulier. Cette différence de paradigme a rendu la coopération difficile. Cette incompréhension s’est doublée d’un mode de fonctionnement opposé, la Primaire Populaire promouvant la coopération collective là où les partis se reposent sur l’hégémonie d’un leader.

Pour Mahaut, il est donc nécessaire que les partis évoluent s’ils ne veulent pas s’isoler de la société civile et finir par en pâtir.

Comment alors donner vie en politique à nos idées ?

Pour Samuel, le pouvoir jeune peut s’imposer de deux façons :

  • Un leader ose donner du pouvoir à un jeune hors ligne. Cela suscitera des tensions mais avec le soutien du pouvoir en place peut permettre l’avènement de grands changements sociétaux. C’est notamment l’approche qu’avait choisie Valery Giscard d’Estaing en soutenant Simone Veil dans ses combats.

  • Un jeune persévère dans ses convictions en dehors du cadre politique établi jusqu’à ce que son combat devienne un combat de premier plan. La mobilisation de la société civile sur les questions climatiques va dans ce sens car permet de recentrer le débat sur ces dernières et d’inciter les responsables politiques à s’emparer du sujet.

Quelles sont alors les pistes pour aller vers une mobilisation globale autour de l’écologie ?

Pour Mahaut, la clé se trouve chez les jeunes, qui restent la population la plus sensibilisée et affectée à terme par le sujet. Il serait logique de fonder la légitimité des décisions politiques sur leur impact futur et non seulement sur les leçons tirées de l’Histoire. L’abaissement de l’âge du droit de vote et la création d’un parlement du long terme seraient des mesures allant vers plus d’écologie politique. Il est également crucial pour elle d’émanciper les jeunes économiquement pour leur permettre de s’engager politiquement. Un jeune dépense aujourd’hui 100% de plus que ses parents pour se loger et l’allégement de contraintes matérielles lui donnerait plus de possibilités pour s’exprimer.

Pour Lauren, la bataille écologique est avant tout une bataille culturelle. Il faut en parler, partout, tout le temps, pour imposer notre récit et éveiller les consciences. De nombreuses personnes ne se prononcent pas sur l’écologie car sont persuadées ne pas avoir d’avis. Réveiller cette masse dormante serait une première victoire pour l’écologie politique.

Pour Samuel, si les mesures précédentes sont importantes, nous ne pouvons néanmoins pas avancer à grande échelle sans embarquer les institutions politiques. La mobilisation et le militantisme sont importants et permettent parfois de faire passer des lois, mais cela reste faible face au nombre de lois que le président à la possibilité de promulguer sur son quinquennat. La conquête du gouvernement reste donc une nécessité.

Les Fourmis se reconnaissent dans ces 3 directions. L’écologie se doit d’être universelle car concerne la survie de l’humanité toute entière. Il faut donc à la foi éveiller les consciences pour inclure le plus grand nombre tout en s’imposant au sein du système politique afin de traduire cette conscience en décisions effectives.


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